Photos réponse 68-2.

Mercredi 12 février 2014, par Daniel Pareuil // 555. Oiseaux.

Bravo à M.L. Vieille, Micheline Clamens et Jean-Jacques Lacroix pour leur excellente réponse.

Le lieu et son environnement où la photo de l’oiseau mystère 68-1 a été prise nous invitent à consulter la rubrique des oiseaux d’eau dans notre guide ornitho.

Le Grèbe huppé Podiceps cristatus, un oiseau très familier des milieux aquatiques, sauf peut-être dans le département du Lot, possède un dos uni. Le Grand cormoran Phalacrocorax carbo possède également un dos, et même un plumage, uni.

Donc, aucun de ces deux oiseaux ne peut être l’oiseau mystère 68-1. De plus, leur silhouette sur l’eau est différente.

Néanmoins, à longue distance, il est préférable de bien regarder pour éviter la confusion.

Rechercher du côté des Gaviidés, ou Plongeons, est une bien meilleure orientation.

Quatre espèces de Plongeons peuvent être vues en France, principalement en hivernage. Ce sont :

- Le Plongeon catmarin Gavia stellata.

- Le Plongeon arctique Gavia artica.

- Le Plongeon imbrin Gavia immer.

- Le Plongeon à bec blanc Gavia adamsii.

Les plumages nuptiaux permettent de bien les différencier. Mais en hivernage, ils ont rarement ce plumage et les juvéniles sont fréquents.

Les plumages « juvénile » et « adulte internuptial » des quatre espèces de Plongeons doivent être minutieusement comparés, principalement sur le dos, le cou et la tête.

Il faut donc étudier avec attention plumage et silhouette car les confusions sont possibles.

L’observation de la silhouette a une grande importance. Certains ont un front abrupt, un bec plus ou moins gros et tiennent souvent ce dernier relevé.

Au vu de la taille, nous pouvons faire deux groupes :

1) Les Plongeons catmarin et arctique, les plus petits. Leur taille est proche de celle d’un Grèbe huppé.

2) Les Plongeons Imbrin et à bec blanc, les plus grands. Leur taille est proche de celle du Grand cormoran.

Concernant les quatre espèces de Plongeons citées plus haut, voici un tableau récapitulant quelques caractéristiques d’adulte en plumage internuptial ou juvénile.

EspèceP. catmarinP. arctiqueP. ImbrinP. à bec blanc
Tenue du bec relevé horizontal horizontal relevé
Taille du bec moyen moyen fort fort
Couleur du bec gris gris gris gris jaune, pointe ivoire
Arrière du cou sombre, bordé de blanc sombre sombre sombre
Côté du cou blanc blanc bien limité diffus, une échancrure pâle, diffus
Front pas abrupt pas abrupt très abrupt abrupt
Plum. dos juv. pointillé fin écailleux discret écailleux écailleux
Plum. dos adu. pointillé uni noir uni sombre uni sombre, barré
Flancs* tout le flanc (juv.) tache à l’arrière du flanc tout le flanc (juv.) tout le flanc (juv.)

* bien visible en flottaison "niveau haut".

Nous constatons que le plumage de l’oiseau mystère 68-1 est écailleux sur le dos. Le bec fort et de couleur claire est relevé. Sur les côtés pâles du cou, il n’y a aucune trace d’échancrure. En conclusion :

L’oiseau mystère 68-1 est un juvénile de Plongeon à bec blanc Gavia adamsii.

Le voici de profil, pour mieux apprécier certains critères. Vous pouvez également consulter les photos d’Yves Dubois sur le site « Oiseaux net » que nous a indiqué Jean-Jacques Lacroix.

Lac du Der (Ste-Marie-du-Lac-Nuisement)(51), le 17/12/2013, Daniel Pareuil.

Le bec de bonne taille est relevé. Il est clair, blanc avec le soleil, et son extrémité est ivoire.

Les côtés du cou sont clairs, le brun gris diffus est écrasé par la lumière.

J’ai pu vérifier ce qui était mentionné dans une miniature des planches du « Guide Ornitho », concernant le Plongeon à bec blanc. A savoir : « La couleur apparente et la forme du bec varient en fonction de l’arrière-plan ». Donc, attention aux observations lointaines.

Lac du Der (Ste-Marie-du-Lac-Nuisement)(51), le 17/12/2013, Daniel Pareuil.

Belle photo d’oiseau mystère !

Les Plongeons guettent ainsi les poissons, dont ils se nourrissent, avant de plonger. Ils restent assez longtemps en immersion (1 à 2 mn).

Ces oiseaux plongent sans à-coups. Tels les sous-marins, ils contrôlent leur flottaison : au repos, ils sont au niveau haut.

Au cours de l’observation, il faut rester concentré et attendre patiemment la remontée, qui s’effectue parfois assez loin du départ de la plongée.

Les Plongeons nichent tous dans des contrées très nordiques. Le Plongeon à bec blanc nidifie sur les côtes arctiques de la Russie, au nord de la Sibérie, au nord-ouest du Canada et en Alaska. Sa zone habituelle d’hivernage se situe sur les côtes nord de la Norvège. L’hivernage de ce juvénile au lac du Der est exceptionnel. A noter que l’oiseau y était encore visible tout dernièrement.

Cet hiver, au lac du Der, les quatre espèces de Plongeons ont été observées !

Je vais essayer de vous présenter les trois autres espèces en tenue hivernale.

Le Plongeon catmarin.

Lac du Der (Ste-Marie-du-Lac-Nuisement)(51), le 17/12/2013, Daniel Pareuil.

Adulte présent dans le même secteur que celui du Plongeon à bec blanc. Un peu loin et surtout à contre-jour, dommage !

C’est le plus petit des quatre, son bec plus fin est relevé également. Son dessus de tête est sombre. Le blanc à l’avant de l’œil rouge n’est pas visible sur la photo.

Merci aux amis qui m’ont transmis les deux photos suivantes d’un voyage en Islande, où l’espèce est nicheuse.

Islande août 2013, Pierre & Françoise Pastor.

Adulte en plumage nuptial.

Islande août 2013, Pierre & Françoise Pastor.

Adulte en plumage nuptial avec un poussin, ou juvénile.

Plongeon Arctique.

Bassin Nord, lac du Der (Larzicourt) (51), le 13/11/2008, Daniel Pareuil.

Juvénile.

- Le bec gris est horizontal.

- L’arrière du cou sombre est bien délimité sur les côtés.

- Le dos sombre comporte un motif écailleux discret.

- Le sommet de la tache blanche sur l’arrière des flancs apparaît. Cette tache est diagnostique, elle est très visible si l’oiseau est en flottaison « niveau haut ».

- Sur l’avant de la tête, il y a une amorce de bosse frontale.

Bassin Nord, lac du Der (Larzicourt) (51), le 13/11/2008, Daniel Pareuil.

Ce même plongeon arctique guettant une proie. Comparez cette photo avec celle du juvénile de Plongeon à bec blanc, dans une position similaire. La partie blanche du cou n’apparaît pas chez le Plongeon arctique.

Plongeon imbrin.

Lac de la Fosse Montalbot (Vigneux-sur-Seine) (91), le 13/02/2007, Daniel Pareuil.

Juvénile.

-  Le bec gris est fort et légèrement relevé ici sur cette photo. Le plus souvent, il est en position horizontale.

-  L’arrière du cou est sombre, et sur le côté apparait une échancrure, ou entaille, de blanc qui surplombe un demi-collier sombre.

-  L’abrupt du front n’est pas significatif, ici, chez ce juvénile.

-  Le dos est très sombre et un motif écailleux est visible.

-  Le blanc du ventre est visible sur une grande partie des flancs, l’oiseau étant en flottaison « niveau haut ». A ne pas confondre avec la tache blanche à l’arrière des flancs du Plongeon arctique.

Lac de la Fosse Montalbot (Vigneux-sur-Seine) (91), le 13/02/2007, Daniel Pareuil.

Le même oiseau en position de flottaison « niveau bas. Le bec est tenu davantage à l’horizontale.

Digue du lac du Gavas (Eslourenties-Daban) (64), le 08/02/2008, Daniel Pareuil.

La couleur sombre du dos, où n’apparaît pas de motif écailleux, indique un individu plus âgé que le précédent, et peut-être un adulte en plumage internuptial.

Les Plongeons, comme les Grèbes, ont les pattes très en arrière du corps. Cela leur permet d’être d’excellents nageurs. Par contre, à terre, ils sont moins habiles.

Petit clin d’œil, il n’est pas rare de voir se dresser à l’arrière du corps une patte, ce qui surprend toujours un peu l’observateur.

A bientôt et avec plaisir.

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