Etudes phytosociologiques avec Robert Virot (1915-2002)

Lundi 1er avril 2013, par Jean-Pierre Jacob // 200. Histoire de la Botanique dans le Lot

Robert Virot est d’abord botaniste tropical en Nouvelle Calédonie ; phytosociologue, il étudie ensuite les formations végétales en Aquitaine, Périgord et Quercy, dans lesquelles figurent un certain nombre de plantes intéressantes par leur rareté et leur répartition.

Robert Virot (1915- 2002) a commencé comme militaire puis inspecteur des forêts en Nouvelle Calédonie où il prépare une thése sur la Végétation Canaque. En 1939, on trouve la trace de son intérêt pour la protection de la nature, lorsqu’il écrit pour la protection de la Vallée de la Coulée qui sera à l’origine de la réserve intégrale de la Montagne des Sources. Roger Heim, directeur du Museum d’Histoire Naturelle reproduit ses dessins de coupes de vallées montrant l’évolution de la végétation après le passage des feux de brousse dans son petit livre Destruction et protection de la Nature de 1952.

De retour en France en 1947, il entre au CNRS en 1948 et soutient sa thése en 1956.

Durant sept années, en utilisant les méthodes de phytosociologie sigmatiste, on le retrouvera aussi à prospecter activement le Périgord. Le résultat,l’introduction à l’étude de la végétation du Périgord méridional (Bas- Périgord) sous forme d’inventaires floristico-écologiques des principaux groupements végétaux de ce territoire, est alors publié en 1953, 1954, 1955 dans les Cahiers des Naturalistes (Bulletin des naturalistes parisiens). Il y passe en revue les grandes vallées, les coteaux calcaires, les plateaux supérieurs, et rejoint en conclusion les conceptions de Josias Braun-Blanquet sur les courants de migration des plantes.

Du 23 au 27 Mai 1961, il mène la 88° session extraordinaire de la Société de Botanique de France dont il rédige le compte rendu pour la partie excursions, le commandant Charles d’ALLEIZETTE (1884 - 1967) botaniste auvergnat complétant avec une notice sur les Orchidées rencontrées en Dordogne et dans le Lot.

On notera aussi la présence active d’un Forestier et botaniste local important René ROL ( 1896-1965) auteur d’une Etude sur le Chêne vert ou Yeuse dans le Périgord noir- 1934 et d’une Note sur les Végétaux ligneux du Périgord Noir parue en 1947, toutes les deux dans le Bulletin de la SBF.

Avec H. BESANCON et B. COMPS, en Décembre 1971,dans le Bulletin de la Société Linnéenne de Bordeaux, il étudie Le hêtre et son cortége dans le Périgord Noir et le Quercy, en fait, le nord du département du Lot.

Avec Henri BESANCON, dans les Cahiers des NATURALISTES, de 1974 à 1980, cinq Contributions à la connaissance floristique de la Guyenne centrale vont paraitre, résultats de leurs observations inédites depuis une trentaine d’années dans un territoire où se trouve la totalité du Lot. Cela concerne la distribution et l’écologie, avec rappel des données bibliograohiques de 102 plantes intéressantes de la dition (on dirait maintenant des plantes patrimoniales) et indication sommaire de données géographiques.

Ce qu’il faut mettre en évidence en 1980, c’est l’intervention de C.Dupuis, responsable des cahiers des naturalistes qui note que "les biotopes… où survivent des plantes de haute signification géographique et écologique ….sont menacés. Les faire connaitre dans le détail, c’est assurément enregistrer pour les naturalistes à venir des faits qui ne sont peut être plus observables très longtemps".