Henri Gaussen (1891-1981) Cartes de végétation : Montauban (1959), Bergerac (1963)

Mardi 26 mars 2013, par Jean-Pierre Jacob // 200. Histoire de la Botanique dans le Lot

Dans le sillage de la carte des Cassini (1815) qui donnait déjà un aperçu de formations végétales bois, landes, marais, vignes…au début du 19° siècle, Lamarck et de Candolle traçent les limites de l’olivier. A la fin du 19°, Charles Flahault (1852-1935) professeur à Montpellier, initie un projet inabouti de carte botanique et forestière de la France basé sur les étages de végétation. Henri Gaussen (1891- 1981) professeur à Toulouse y ajoute les zones de végétation et introduit la notion de séries de végétation( = étages) ou ensembles dynamiques de groupements végétaux évoluant vers un état d’équilibre, le climax.

En 1945, à l’initiative du C.N.RS., est créé le Service de la carte phytogéographique ; à Toulouse le professeur GAUSSEN prend la tête du Service de la carte de végétation SCV : il faut couvrir la France de cartes au 1/200.000° renseignant par leurs codes de couleurs sur l’écologie et la dynamique des formations végétales des territoires couverts. Il faut donc décrire le mieux possible ce qui est la végétation spontanée notamment , dans une perspective de ce qui pourrait être une utilisation différente dans les domaines de l’agriculture et de la forêt, en ces temps où une mutation de l’agriculture est en train de se réaliser.

En 1947, parait la feuille de Toulouse. En 1959, c’est Montauban n° 64 sous la direction de Paul Rey ; avec Bergerac n°57 en 1963 sous la direction de Didier Lavergne, le Lot est couvert.

Outre le sens du code des trames et des couleurs, les feuilles sont accompagnées d’une notice, distincte ou non de la carte, de 7 cartons au 1 : 1.250.000 botanique, édaphologique, utilisation du sol, agricole, pluviothermique, adversités agricoles, etc…

A la fin de la notice , une synthése phytogéographique en forme de conclusion : autour de Bergerac, par exemple, on est à un carrefour des domaines submediterranéens et atlantiques, mais aussi dans une région de puissants contrastes, dont a profité la polyculture. Suivent une bibliographie et l’énumération des documents sources et botanistes consultés. Parmi eux, il faut signaler pour le Lot l’apport des instituteurs agricoles itinérants, G. Monteil qui avait publié une note sur le Chêne vert, J.Carrière que Camille Lamothe avait interrogé en Botanique lors du Concours d’entrée à l’Ecole Normale.

En 1960, est publiée la thése de Paul REY : Essai de Phytocinétique biogéographique éditée par le CNRS. Le dernier chapitre Phytocinétique aquitaine comporte une synthése des aspects phytogéographiques du Sud-Ouest de la France soumis à des influences méditerranéenne, atlantique bien sûr, mais aussi plus accessoirement continentale et montagnarde ; en fonction de cette situation observée, l’auteur propose une esquisse phytocinétique qui décrit des mouvements de flore qui ont abouti à un "tapis végétal profondément marqué par l’action humaine". On peut y rencontrer des éléments qui concernent le Quercy.

Depuis les années 1970, la télédétection et l’informatique ont changé la nature de la cartographie de la végétation. Mais on vient récemment de numériser les cartes de végétation : voir les détails sur http://cybergeo.revues.org/24688 .

Sur ce site, nous avons déjà présenté les deux cartes concernant le Lot