Des traces

Ichnologie Etude de traces animales suite

douteuses mais bien réelles

Lundi 13 février 2012, par Jean-Jacques Lacroix // 666. Empreintes, traces, restes : ichnologie.

Les communiqués de l’ONCFS sur l’alimentation par grand froid des Turdidés, bécasses, merles, permettent une transition douce et un retour vers le précédent article Ichnologie traces laissées par les animaux. On a vu que par suite du gel de la campagne lotoise (et autres…) apparaissaient de nombreuses (exo)graines sur le site de nourrissage en l’absence de la plante mère en l’occurrence Hedera helix le lierre terrestre.

En hiver le nourrissage constitue une aide importante mais les oiseaux complètent leur menu toute la journée par une alimentation très variée trouvée sur le sol, sur les végétaux etc…or et notamment les Turdidés sont fortement gênés dans leur recherche par le gel qui rend le sol solide et par la neige qui recouvre tout ; sauf, peut-être, quelques arbustes fructifères qui pourraient être disponibles (cotoneasters, alisiers, rosacées…) mais en février pratiquement toutes les baies comestibles (par les oiseaux ! ) ont déjà disparu dans les gésiers ; c’est ici qu’intervient Hedera helix, le lierre, à la biologie très décalée dans le temps par rapport à la foule de ses congénères du même règne (reste génétique possible de son origine probable tropicale ou subtropicale, famille araliacées) ; en effet ses fruits mûrissent durant l’hiver et restent (malgré une pulpe de moins de 30% du total du fruit ) un secours apprécié en l’absence de toute autre nourriture hors le nourrissage ; nos merles car il s’agit bien d’eux rejettent les graines (rougies, débarrassées de leur pulpe) bien propres, une à une ou parfois embarrassées dans une fiente assez sèche (ce qui leur permettra d’ailleurs de germer ! ).

P.-S.

En période hors gel la fréquence drastiquement diminuée des graines de Hedera helix sur le site de nourrissage laisse à penser que le menu est suffisamment riche et varié pour laisser au lierre le rôle d’ultime recours alimentaire.

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1 Message

  • Ichnologie Etude de traces animales suite 13 février 2012 05:57, par Jean-Pierre Jacob

    Une illustration riche et détaillée pour cette étude. Merci Jean Jacques, pour toute cette bienfaisante activité hivernale de communication : on est content de te lire.

    Je peux ajouter des observations personnelles visibles à travers une fenêtre chez moi : en ce moment j’observe souvent les merles chercher à se nourrir à la jonction de troncs d’arbres avec le sol, souvent encombrées de feuilles mortes ; ils remuent beaucoup les liserés de feuilles mortes encore présents le long de la route, une fois ceux ci déneigés par le soleil de la journée bien sûr.
    Quand je pense que ces oiseaux sympathiques sont classés avec les autres turdidés, grives etc.. dans le gibier et qu’il faut mobiliser des fonctionnaires pour suspendre leur chasse en cas de gel prolongé : là se trouve un gisement d’économies bien visibles.

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