Photos réponse 49-2

Grande aigrette Casmerodius albus

Samedi 14 janvier 2012, par Daniel Pareuil // Oiseaux mystère de Daniel

Je remercie les auteurs de ces deux réponses et de leur fidélité.

Celle de MME Vieille est très pertinente et s’appuie sur une bonne utilisation du guide « Ornithos ». Celle de Jean-Jacques est intéressante et j’avoue que je ne l’avais pas envisagée et puis il y a l’humour.

Il fallait rechercher un oiseau entièrement blanc, possédant des pattes longues et de bonne taille, à priori, au vu des roseaux en fond.

Un oiseau aux longues pattes…Les échassiers, bien sûr ! Ils comprennent les ordres suivants : Ciconiiformes, Gruiformes et les Charadriiformes.

L’ordre des Charadriiformes qui comprend, entre autres, les limicoles (Echasse blanche himantopus himantopus) ne pouvait pas être concerné, du fait des longues pattes et de la couleur entièrement blanche du plumage.

Chez les Gruiformes, la Grue de Sibérie Grus leucogeranus pouvait poser quelques questions. Comme la Grue cendrée Grus grus, sa queue forme un panache de plumes ébouriffées, ce qui n’est pas le cas de l’oiseau mystère 49-1. Par ailleurs, tarse et tibia, toute la patte visible, sont entièrement rougeâtres. Chez l’oiseau mystère 49-1, seul le tibia est rougeâtre.

Dans l’ordre des Ciconiiformes il y a davantage de candidats.

Quelques familles postulantes :

- Ciconiidés … les cigognes

- Threskiornithidés…les ibis, les spatules

- Phoenicoptéridés …les flamants

- Ardéidés…Les hérons, les aigrettes.

Le plumage entièrement blanc élimine :

-  la Cigogne blanche Ciconia ciconia qui est nettement bicolore, possède des pattes rouge vif et un cou moins long que l’oiseau mystère 49-1.

-  l’Ibis sacré Threskiornis aethiopicus qui est nettement bicolore, possède des pattes gris sombre et un cou noir moins long que l’oiseau mystère 49-1.

-  la Spatule blanche Platalea leucorodia, selon l’âge, possède un plumage entièrement blanc mais des pattes noires et un cou moins long que l’oiseau mystère 49-1.
-  le Flamant rose Phoenicopterus roseus dont l’extrémité noire des rémiges forme un trait noir sur le bord arrière de l’aile repliée. Par ailleurs, ses pattes sont entièrement roses.

Il nous reste à explorer les Ardéidés et particulièrement ceux dont le plumage est entièrement blanc.

Essayons de les passer en revue :

-  le Héron garde-bœufs Bubulcus ibis : au mois d’avril, date de la photo, il devrait être en plumage nuptial et nous devrions trouver de l’ocre dans son plumage. Son cou est plus court que celui de l’oiseau mystère 49-1, sa silhouette est moins élancée et, au vu des roseaux en fond, il est nettement plus petit.

-  l’Aigrette garzette Egretta garzetta : elle possède des pieds jaunes et des pattes noires. Son aigrette se situe à l’arrière de la tête. Ses pattes sont plus courtes que celles de l’oiseau mystère 49-1.

-  l’Aigrette des récifs Egretta gularis de forme blanche : elle aussi possède des pieds jaunes et des pattes noires. Son aigrette se situe à l’arrière de la tête. Ses pattes sont plus courtes que celles de l’oiseau mystère 49-1.

-  la Grande aigrette Casmerodius albus : en plumage internuptial, ses grandes pattes sont noires, les tibias deviennent rougeâtres en période nuptiale et des plumes des couvertures scapulaires, appelées aigrettes, pendent au dessus de la queue.

Nous y sommes, bravo MME Vieille.

L’oiseau mystère 49-1 est une Grande aigrette Casmerodius albus, adulte, en plumage nuptial.

Et voici la réponse en photo :

Pont des Tourradons, étang du Charnier nord (Vauvert) (30), le 28/04/2011, Daniel Pareuil.

Les aigrettes sont assez peu visibles sur cette photo. Par contre, nous pouvons bien apprécier la couleur rougeâtre des tibias, les tarses restant noirs.

Un autre changement des parties nues est le passage du bec jaune à noir. Du moins en partie, car la base de ce dernier reste jaune. Les lores, situés entre le bec et les yeux sont verdâtres.

Le bec de la Grande aigrette est fort (large à la base), celui de l’Aigrette garzette est plus fin et celui de l’Aigrette des récifs est arqué légèrement vers le bas.

Ce n’est pas sous cet aspect que nous avons l’habitude de voir la Grande aigrette, mais davantage sous celui-ci et c’est souvent en hiver.

Prairie Grande (Gramat) (46), le 28/12/2011, Daniel Pareuil.

Le bec est jaune, les pattes sont noires et il n’y a pas de trace d’aigrettes.

Avant les années 1970, cet oiseau est très rare en France. Depuis cette période, l’espèce n’a cessé de progresser, d’abord en hivernage, puis en nidification.

Mais la nidification reste rare encore en France (Camargue, Loire atlantique, baie de Somme…).

Vous aurez sans doute remarqué que la photo est prise dans le Lot. L’espèce commence depuis quelque temps à hiverner en petit nombre dans notre département.

Cela est récent, particulièrement dans le nord du département.

Actuellement, deux individus séjournent, pour l’un à la Prairie Grande (Gramat) (46) et pour l’autre en vallée de Dordogne (Carennac) (46) (découvert par Jean-Jacques Lacroix).

L’an dernier, un individu pas complètement nuptial a stationné sur la Dordogne, à la base de loisirs de (Vayrac) (46).

L’espèce fréquente les grands plans d’eau, les marais d’eau douce, les bords des fleuves et parfois les marais côtiers saumâtres. Elle est rare en bord de mer.

Elle se nourrit de poissons, batraciens, insectes aquatiques, lézards et rongeurs. Nous pouvons donc l’observer dans les champs, comme le Héron cendré Ardea cinerea, loin de l’eau.

Elle niche dans les héronnières en compagnie d’autres ardéidés.

Son cri est grave et râpeux.

La Brèche, presqu’île de Nemours (Eclaron (52), le 13/12/2010.

Il y a sans doute une opportunité de nourriture dans cette mare, créée par la baisse du lac réservoir (lac du Der, Marne) en vue des prochaines crues de l’hiver.

Etang de la Horre (Lentilles) (10)/(Droyes)(52), le30/01/2011, Daniel Pareuil.

L’hiver, la Grande aigrette se regroupe en dortoir. Comme le Héron cendré, elle se recroqueville sur elle-même, parfois sur une patte. Ainsi elle limite les déperditions thermiques. Il ne fait pas toujours très chaud dans la région, au petit matin.

C’est l’occasion de constater que la Grande aigrette n’a pas les pieds jaunes comme les Aigrettes garzette et des récifs.

Une dernière photo, si vous le voulez, elle peut être un test pour vous.

Vasières du lac d’Aygues-Longue en assec (Momas) (64), le 02/10/2010, Daniel Pareuil.

Vous pourrez y découvrir : la Grande aigrette, l’Aigrette garzette et le Héron garde-bœufs adulte et juvénile.

A bientôt et avec plaisir.

N.B. Le juvénile de Héron garde-bœufs a le bec noir et il est au centre du groupe.

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