Galets "rouges" du Vert : recouverts d’algues

Hildenbrandia rivularis

Rhodophytes= Algues rouges

Dimanche 9 octobre 2011, par Jean-Pierre Jacob // 3. A rechercher dans le Lot.

Promenade le long de la vallée du Vert entre Saint Médard et Catus au mois d’Août 2011, pour jeter le coup d’oeil périodique sur l’état des plantes des bords de la rivière et des plantes de sous bois du versant frais.

La rivière est basse du fait de la sécheresse estivale inhabituelle.

Les galets du fond sont donc bien visibles et même à découvert en certains lieux du parcours.

Certains d’entre eux arborent une couleur rouge inhabituelle qui nous intrigue. Après la photographie, je vais en prélever quelques uns et les ramener afin de les étudier commodément.

Abandonnés quelques jours au sec, ils présentent alors une couleur rouge-violet inhabituelle qui m’intrigue : origine organique ou minérale ? La surface polie semble bien lisse, quoique….

Je me pose des questions auxquelles je ne peux répondre. D’où le recours aux spécialistes, hydrogéologue d’abord qui soupçonne un lichen marqueur habituel des émergences, puis lichénologue qui a des doutes. J’envoie donc un échantillon par la poste à un spécialiste régional Jean Louis Farou, dont on m’a communiqué les coordonnées.

Nous le remercions de sa réponse, qui après discussion, va nous être rapidement communiquée.

Il s’agit de : Hildenbrendia rivularis

Cette algue appartient au phyllum des Rhodophytes (Algues rouges) et à la famille des Hildenbrandiacées qui ne comporte qu’un seul genre : Hildenbrandia

Cette famille est trés représentée en espèces marines. Seules deux espèces vivent en eau douce. Le thalle est constitué de cellules régulière, plus ou moins cubiques et disposées en séries. Contrairement aux algues marines il n’existe ni tetrasporocystes ni reproduction sexuée. La reproduction se fait par propagules (petits fragments de thalle qui se détachent du substrat). A la surface du thalle se détachent, par clivage paralléle au support, des petits paquets de courtes files de cellules. Quelques cellules de la propagule germent et envoient un long filament unisérié simple ou ramifié. Lorsque la pointe du filament atteint un support adéquat la cellule terminale se multiplie et produit un thalle orbiculaire d’abord monostromatique à filaments rayonnants, puis pluristromatique.
P.Bourrelly

Monsieur Farou poursuit :

"Ce thalle est ancien car j’ai pu observer plusieurs couches (pluristromatiques) de cellules en épaisseur. L’apex des chaines cellulaires, légèrement arrondi, est à peine plus petit que les cellules basales et toutes montrent des pigments intracellulaires (Biliprotéines probablement du type phycoérythrine ?)

Du point de vue écologique cette espèce semble préférer les eaux vives et propres, pas trop froides avec un PH alcalin.

Sa durée de vie est d’environ une année.

Sa répartition est mondiale."

P.-S.

Le complément régional nous vient du Tarn et Garonne par l’intermédiaire de Louis Coubes

Bravo

Grâce à Jean-Louis Farou, nous allons pouvoir nous mettre aux algues d’eau douce.

Avec Bernard Tauran nous avions trouvé une Hildenbrandia à la source-lavoir de Saux (Lot) (limitrophe du Tarn et Garonne).

Une photo figure sur la page 18 de son ouvrage "voyage en eau douce" (éd Dire Lot). Elle n’est identifiée que d’"algue", et c’est déjà pas mal ; je n’avais pas pu en obtenir plus lors de l’édition (1999). Ultérieurement j’ai pu obtenir le nom d’Hildenbrandia à un labo universitaire Toulousain.

Nous offrons donc l’info ; les eaux sont vives et propres et la source sort d’un calcaire (g2b-3), vaguement alcalines, probablement.

Le bouquin de Bourrelly est bien complet mais un peu indigeste pour les amateurs que nous sommes.

Je possède un "guide pratique de détermination générique des algues macroscopiques d’eau douce" aimablement fourni par JP Vergeon, de la DIREN de Franche-Comté (un des auteurs) ; il y cite une trentaine de genres ; il nous faudrait un ouvrage intermédiaire.

Bonjour à tous

Louis Coubès

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2 Messages de forum

  • Hildenbrandia rivularis 12 octobre 2011 00:08, par Jean-Jacques Lacroix

    Bonjour jean-pierre et merci de ton article qui me renvoie à ma jeunesse pataugeant des journées entières dans cette dérivation de la Dordogne en aval d’une usine électrique (voir reste d’isolateur en céramique ! ) ; ces séances m’avaient permis de découvrir le même phénomène que tu viens de rencontrer sans bien sur trouver le nom de cette algue si colorée. Ton article m’ayant interpellé je suis allé vérifier derechef si cette algue avait survécu aux pollutions modernes ( acidité de l’eau accrue avec nitrates, pesticides, eau assez froide et peu oxygénée de fond de barrage) ; hé bien oui malgré une nette diminution (par essentiellement un fort dépôt de limon-→nitrates) les galets rouges sont toujours là. Je peux rajouter qu’à mon sens (je vérifierai le PH) l’eau est assez acide et froide.


    Deux galets et un isolateur porcelaine en position

    JPEG - 113 ko

    Gros galet de quartz (non exploité…Hum ! ) sur tranche

    Merci pour la résolution de cette énigme si ancienne. Merci aux contributeurs pour la détermination ; j’essaierai de voir au microscope cette algue si minuscule.

    jjL

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    • Hildenbrandia rivularis 12 octobre 2011 00:14, par Jean-Jacques Lacroix

      Petit complément : images cliquables pour meilleure définition

      Lit du cours d’eau avec galets rougis

      JPEG - 102.2 ko

      Isolateur électrique support occasionnel

      JPEG - 158.6 ko

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