Famille des Manteidae

Amours de Mantes

Mercredi 31 août 2011, par Lot Nature ancienne association // 6. Les Mantoptères

"Ce qui se passe réellement sur les broussailles, je l’ignore, le hasard, pauvre ressource, ne m’ayant jamais renseigné sur les amours de la Mante en liberté." Ce hasard, dont se plaignait Jean-Henri Fabre, m’a pourtant bien servi ce matin du début du mois d’août : alors que je dégage le massif de rosiers de la garance qui en avait pris possession ces dernières années, un insecte tout de vert vétu, aux longues pattes et à l’abdomen rebondi court se réfugier au sommet d’une tige laissée intacte par le sécateur. Un rapide examen me permet de reconnaître une mante religieuse femelle, et de constater qu’elle n’est pas seule : pas moins de quatre mâles sont également présents dans les environs. L’un d’eux, plus particulièrement, ne semble pas effrayé outre mesure par la présence de la redoutable prédatrice et stationne à une dizaine de centimètres d’elle. Celle-ci, en l’occurence, ne semble pas si féroce que cela, et ne réagit pas au fétu qu’on lui présente. L’explication de cette scène paisible, elle m’est donnée deux heures plus tard quand,inquiet de savoir si je n’avais pas trop dérangé les habitudes des hôtes des lieux par mon intervention, je reviens les dénombrer. Deux mâles sont toujours sur le même rebord de mur, une couleuvre verte et jaune s’enfuit devant moi, et je découvre sur un rosier un mâle et une femelle en plein accouplement, la tête en bas.

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Mes manoeuvres pour saisir la scène sous un meilleur angle ne réussissent qu’à les exaspérer au point de chercher refuge sous un rebord du mur voisin, mais pas au point de les faire se séparer, ni de retrouver une station plus conventionnelle, la tête en haut.

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Je livre donc ces photographies après retouche numérique, afin de profiter au mieux de la physionomie de ce couple charmant.

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Je suis ensuite régulièrement venu aux nouvelles, soucieux de constater l’horrible dénouement dont le Virgile des Insectes s’est si fortement scandalisé dans le cinquième livre de ses Souvenirs entomologiques.

Mais il faut croire que dans la liberté d’un massif de roses, le mâle a plus de chance que dans les volières de Sérignan. Environ trois heures après le début de l’accouplement, le mâle se tient de nouveau à une dizaine de centimètres de la femelle, intact, et encore assez alerte pour s’envoler quand j’essaie de tirer le portrait du rescapé. Je le retrouve sur la pelouse quelques mètres plus loin…

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…avant qu’il n’aille regagner, dans un arbre de Judée, la posture renversée qui semble lui être si chère.

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Photographies prises à Puy-l’Evêque, le 7 août 2011.

Damien PETIT

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