Une belle découverte.

Cuculus canorus

Vendredi 24 juin 2011, par Daniel Pareuil // Oiseaux de France, dans le Lot (46)

Cette découverte d’Anne K., à Belfort-du-Quercy, le 15 avril 2011, par une belle lumière du soir, pourrait faire l’objet d’un oiseau mystère.

La taille de l’oiseau et sa couleur rousse l’ont intriguée.

Malgré la distance et un matériel peu adapté, elle a tenté la photo.

Heureuse initiative !

Car cet oiseau, s’il n’est pas rare, n’est pas toujours facile à observer.

Belfort-du-Quercy, le 15/04/2011, Anne K.

L’oiseau posé sur un piquet au milieu du vignoble est de bonne taille, environ celle d’un Pigeon. Il est de couleur rousse et sa queue qui semble assez longue se termine par un « pinceau blanc » que souligne une bande noire.

Bien sûr, nous pourrions dès à présent, fouiller le guide, nous émettrions des hypothèses quant à son identité.

Aussi, profitons de la technologie et regardons l’agrandissement.

Cette technologie a des limites et l’image est un peu floue, bien sûr, mais nous pourrons découvrir davantage l’oiseau.

Le “jizz”, vous savez, l’allure, la silhouette… nous oriente, de suite vers le Coucou gris Curulus canorus. Pour utiliser le « jizz », il faut évidemment avoir déjà observé l’espèce à plusieurs reprises.

Son bec est légèrement arqué. Son œil rond est de bonne taille. Sa vue est excellente et l’espèce n’est pas facile à approcher.

L’oiseau étant de dos, nous ne pouvons apprécier la longueur de la queue. De profil, nous aurions vu que celle-ci dépasse nettement les extrémités des ailes.

Le plumage est roux et nous devinons des rayures noires sur la queue et les ailes.

Roux pour un Coucou gris, c’est curieux !

Chez cette espèce, les femelles sont soit grises, soit rousses. Il y a deux formes.

La couleur rousse du plumage est déterminante pour le sexe de l’espèce, puisque le plumage du mâle est toujours de couleur grise.

Il s’agit bien d’une femelle de Coucou gris Curulus canorus de forme rousse.

Bravo à Anne pour cette découverte, la femelle de Coucou gris n’est pas toujours facile à observer et la forme rousse est peu commune.

Quelques conseils pour observer le Coucou gris.

Le mâle, le plus facile à observer, surtout quand il arrive fin mars début avril, se branche en hauteur, bien en vue, sur un arbre dégagé. Il suffit de le localiser à l’oreille, mais attention ! L’approche est délicate, il a une vue excellente.

Petit piège pour la localisation, il chante également en vol.

En vol, il est assez facile à identifier. Il pourrait être confondu avec un Epervier d’Europe Accipiter nisus ou un Pigeon s.p.

Chez l’Epervier d’Europe l’extrémité des ailes est ronde, elle est pointue chez le Coucou gris.

Le battement d’ailes est très différent.

L’Epervier d’Europe : il donne deux petits coups d’ailes, il plane et ainsi de suite.

Les Pigeons : vol battu rapide et puissant.

Le Coucou gris : vol battu, mais attention ! Il ne lève pas les ailes au-dessus de l’horizontale.

Si vous voyez un Coucou gris posé à mi-hauteur dans un arbre, pas en évidence, regardez le bien. Si la poitrine et la gorge sont rayées, c’est une femelle.

Bords de Conie, Frileuse (Péronville) (28), le 10/05/2006, Daniel Pareuil.

Ce mâle chante, la poitrine et la gorge sont grises et dépourvues de rayure.

Le chant « cou-cou », la première syllabe accentuée, demande beaucoup d’énergie au mâle. Il devient « cou-cou-cou » lorsqu’il est excité à l’approche de la femelle qui peut émettre un chant rappelant celui du Grèbe castagneux Tachybaptus ruficollis.

Le Causse, (Causse de Blandas) (Rogues) (30), le 30/04/2007, Daniel Pareuil.

Nous pouvons apercevoir la gorge claire. Cette femelle tentait de parasiter un nid de Tarier pâtre Saxicola torquatus. Le mâle de Tarier pâtre gonflait ses ailes, criait et essayait de l’intimider.

L’espèce se nourrit de chenilles, et non des moindres.

La femelle pond un œuf unique de la même couleur que ceux de l’espèce parasitée, mais légèrement plus gros. Il possède une coque épaisse qui lui permet de supporter la petite chute, et pourtant il va éclore avant les autres œufs.

Instinctivement, le jeune Coucou gris jettera les autres œufs hors du nid.

Si ce jeune Coucou gris est une femelle, elle parasitera la même espèce que ses parents d’adoption et pondra donc des œufs de même couleur.

L’espèce parasitée n’accepte pas toujours, le nid peut être abandonné, ou rechargé et recevoir une deuxième ponte. L’avenir du jeune Coucou gris n’est pas assuré.

Personnellement, j’ai déjà observé un Pipit farlouse Anthus pratensis houspiller un Coucou gris. Celui-ci ne s’attardait pas !

Après la nidification, les adultes regagnent l’Afrique, les jeunes le feront seulement en septembre, sans connaître la route !

Tout cela est tout de même extraordinaire, vous ne trouvez pas !

Merci à Anne K. pour l’aide et les photos.

Avec plaisir.

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1 Message

  • Une belle découverte. 27 juin 2011 06:49, par Jean-Pierre Jacob

    Quand deux auteurs du site mettent le résultat de leurs observations et leur savoir en commun, cela donne un superbe article sur un oiseau au chant très facile à identifier , mais pas très visible. Merci donc à Anne et à Daniel

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