Face à cette recherche de gaz de schiste

La réaction des deux députés du Lot

Lundi 21 février 2011, par Jean-Pierre Jacob // Permis de Cahors : documents sélectionnés

Gaz de schiste : début février, communiqué de presse de Jean Launay

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le double phénomène du réchauffement climatique et de la raréfaction des ressources pétrolières et gazières nous amène de fait à la nécessaire réduction de nos consommations, qu’elles soient individuelles ou collectives.

Le pic pétrolier est atteint : les stocks de matières premières sont limités, la période qui leur a permis de se constituer a été très longue, celle dans laquelle nous vivons et dans laquelle nous consommons ces stocks est brève ; "presser l’éponge" du stock ne masquera pas longtemps la durée courte (50 ans) qui nous sépare de la rupture du stock, pas plus que les perspectives du recours à des ressources dites non conventionnelles telles que les schistes bitumineux, les gaz de schiste…

L’enjeu individuel, pour chacun d’entre nous, et collectif, pour les collectivités que nous administrons, est donc bel et bien de nous projeter dans l’avenir, d’anticiper la fin d’un cycle et d’en préparer un autre. Et, dans notre département du Lot, caractérisé par son sous-sol karstique, cela passe par le refus de l’utilisation de ces techniques de fracturation hydrauliques des roches !

Bref, ma position est claire. Pas de ça dans le Lot.

Le texte d’une motion parlementaire dont Monsieur Launay est signataire

Nous, parlementaires de toute la France et de tous bords politiques, avons décidé de nous unir afin de porter les inquiétudes de nos concitoyens et des élus locaux de nos territoires quant à l’exploitation industrielle du gaz de schiste. Si ces gisements de gaz constituent un nouveau potentiel énergétique et un fort attrait, son extraction nécessite toutefois la mise en œuvre d’une technique d’hydro fracturation spécifique avec utilisation d’importants volumes d’eaux associés à de nombreux produits chimiques.

A la vue des impacts présents aux Etats Unis et au Canada sur les richesses environnementales de nos territoires, il n’est pas concevable qu’une quelconque exploitation de ce gisement soit mise en œuvre sur l’ensemble des sites français. Les études qui y ont été menées montrent d’ores et déjà des conséquences néfastes sur les nappes phréatiques et sur l’homme.

Le manque de transparence évident de la part de l’Etat et l’incohérence entre le souci de préserver l’environnement à travers les travaux du Grenelle et l’annonce de l’exploitation du gaz de schiste nous pousse à réagir. La population locale, les élus et le milieu associatif n’ont pas été sollicités sur ce dossier. L’octroi des permis d’exploration des gisements de gaz a eu lieu a priori unilatéralement de la part de l’Etat sur l’ensemble des sites français concernés, c’est inadmissible.

La suspension des travaux d’exploration jusqu’aux résultats du rapport sur les enjeux environnementaux de l’exploitation du gaz de schiste n’est pas suffisante. Il faut immédiatement que l’Etat fasse marche arrière et stoppe toutes les initiatives prises au nom notamment du principe de précaution qui a valeur constitutionnelle.

Nous sommes décidés à agir par tous les moyens possibles, à saisir toutes juridictions utiles voire à élaborer une proposition de loi pour réformer le code minier. Notre détermination est totale, nous ne nous laisserons pas imposer le gaz de schiste !

Gaz de schiste : Dominique ORLIACréagit

Retenue à l’Assemblée Nationale où se déroule actuellement la discussion sur la Bioéthique, la députée du Lot ne pourra pas participer à la réunion publique organisée ce soir par le « collectif citoyen lotois Non au gaz de schiste ». Aussi, tient-elle à affirmer son opposition à toute autorisation d’exploration et d’exploitation du gaz de schiste.

« Une exploitation des hydrocarbures dans ces conditions serait particulièrement dommageable pour un département comme le nôtre, que ce soit en terme environnemental, touristique, mais aussi d’atteinte à la qualité de vie de ses habitants », a indiqué Dominique ORLIAC. « Dont-on rappeler ici les engagements pris dans le cadre de Grenelle de l’environnement et la crise climatique qui nous touche pour que notre Ministre de l’Ecologie mesure enfin les risques que représentent l’extraction et la combustion de gaz fossiles à grande échelle sur nos territoires ? » a dénoncé la Députée PRG. « Compte tenu de l’état actuel des connaissances et des techniques sur l’exploitation du gaz de schiste, nous sommes en droit d’exiger un moratoire ainsi que l’organisation d’un véritable débat national sur cette problématique qui concerne chacun des citoyens que nous sommes », a conclu Dominique ORLIAC.

Cahors, le 9 février 2011