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Photos réponse 29-2
mercredi 14 juillet 2010, par Daniel Pareuil
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Quel dommage, le mystère a failli être levé ! Jean-Jacques, en plus du « Jizz étourneau » avait repéré, chez notre oiseau mystère, un bec plus court que celui de l’Etourneau sansonnet Sturnus vulgaris dont je vous parlerai également.

Bravo Jean-Jacques, ce n’était pas facile à voir sur cette médiocre photo.

La mauvaise qualité de la photo ne fait pas assez ressortir la couleur jaune du bec de ce juvénile, ainsi que le contraste des ailes foncées par rapport au reste du plumage.

Après avoir décelé le « jizz étourneau », sachant qu’il s’agissait d’un juvénile et découvert ces quelques indices (bec court et jaune, contraste important entre les ailes et le reste du plumage), il suffisait ouvrir le guide à la page des Sturnidés, (il ne fallait pas la louper : trois ou quatre espèces seulement) et de découvrir que notre oiseau mystère 29-1 était :

Un juvénile d’Etourneau roselin Sturnus roseus.

Bourg de Lampaul (Ouessant) (29), Le23/10/2008, Daniel Pareuil.

(Même commentaire pour la photo d’oiseau mystère 29-1).

Sur cette photo, nous ne voyons pas la tête de l’oiseau, mais le contraste ailes/reste du plumage est plus marqué. Les autres oiseaux sont des étourneaux sansonnets adultes en plumage internuptial.

Quelles différences avec le juvénile d’Etourneau sansonnet :

Chez celui-ci le bec est légèrement plus long et surtout plus pointu. Il est de couleur noir. Les adultes en plumage internuptial (automne et hiver) ont un bec noir, qui devient jaune en plumage nuptial (printemps, été).

Le plumage est brun terne uniforme, la poitrine et le ventre sont légèrement mouchetés. En se rapprochant de l’hiver, le plumage tendra vers celui de l’adulte, tout en conservant des parties brunes.

Les Hauts Bois (orme mort) (Mer) (41), le 01/07/2010, Daniel Pareuil.

L’Etourneau roselin vit en Europe orientale et en Asie, dans les steppes, où il se nourrit principalement de Criquets. Il suit ceux-ci dans leurs déplacements et nidifie en fonction de leur abondance.

Les individus observés en Europe de l’Ouest sont très souvent des juvéniles et il est possible que la disparition brusque des Criquets entraîne quelques perturbations parmi les juvéniles et provoque leur égarement.

L’espèce figure parmi les raretés observées assez régulièrement en France. Nous pouvons la trouver, à l’automne parmi les groupes d’étourneaux sansonnets venant d’Europe centrale et orientale et renforçant nos groupes locaux.

La présence d’Etourneau roselin dans les groupes d’Etourneaux sansonnets met bien en évidence, le renforcement des populations par des groupes de l’Est.

L’adulte en période nuptiale, possède un plumage magnifique de couleurs rose et noir et il porte en outre, sur la tête une huppe.

En dehors des Criquets il mange également des fruits.

J’ai eu la chance de l’observer en Roumanie, le long d’une route bordée d’abricotiers. Le régime Ceausescu avait fait planter des arbres fruitiers en bordure des routes, la cueillette était communale. Le régime étant tombé, comme il s’agissait d’un bien communal, il n’était plus ramassé, pour le bonheur des étourneaux roselins.

Les sturnidés sont des oiseaux exceptionnels, quelque soit le côté de leur biologie que l’on regarde.

Voyons l’un d’entre eux, qui nous est familier : l’Etourneau sansonnet.

La voix : C’est un imitateur remarquable. Si vous entendez le Loriot d’Europe Oriolus oriolus en début d’avril, méfiez-vous il y a probablement un étourneau sansonnet dans les parages.

Il chante pour chanter !

La nidification : généralement il utilise une cavité. Mais ce peut être, une loge creusée par un pic, une cavité naturelle dans un arbre, un rocher, l’infrastructure d’un poteau de distribution électrique… et il peut construire son nid également !

Savez-vous que le mâle place des fleurs dans la litière du nid à l’occupation ?
Un petit détail, vous savez sans doute que la loge de pic dont le trou est orné de traces de fientes blanches violacées est utilisée par l’Etourneau sansonnet. Dans les premiers jours des poussins, les capsules fécales peuvent être évacuées par les parents, mais par la suite, ces fientes deviennent liquides et souillent la litière puis les abords du trou d’envol.

Son organisation en vol de groupe est mystérieuse. Comment peuvent-ils évoluer en harmonie dans les brusques changements de direction, alors que chaque individu est presque à se toucher. Cette stratégie, perturbe le rapace dans son attaque.

Il est vrai que l’espèce paie un lourd tribut à : Chouette Hulotte Strix aluco, Autour des palombes Accipiter gentilis, Epervier d’Europe Accipiter nisus, Faucon pèlerin Falco peregrinus … La mortalité des jeunes volants est de : 65 à 83%.

C’est un champion du grégarisme. Il se joint souvent aux groupes de Vanneaux huppés Vanellus vanellus par exemple et affectionne les dortoirs.

Les juvéniles sont regroupés en crèches et apprennent avec quelques adultes, à rechercher la nourriture.

La nourriture, elle est très variée, insectes, larves, lombrics, fruits, graines, végétaux. Il fréquente généralement les pâtures, mais aussi les laisses de mer et les décharges. Il mange les Tiques sur le dos des brebis.

Il occupe tous les terrains.

Son adaptation à l’homme est remarquable et il en tire profit.

Souvent l’homme le favorise par ses méthodes de travail et mode de vie.

Le pire, c’est que sur les continents américain et australien, où il était absent, il a été introduit (au XIXème siècle), l’homme croyait bien faire ! Les méthodes d’agriculture intensive, ne peuvent que le favoriser, la croissance a été spectaculaire !

C’est un champion de la survie.

Gramat (46), le 09/01/2010, Daniel Pareuil.

C’est un adulte en plumage internuptial. Notez la position des yeux près du bec, elle l’avantage pour saisir ses proies, lorsqu’il fouille le sol.

Son vol est direct et sa silhouette triangulaire est assez facile à identifier.

Il se distingue du Merle noir Turdus merula entre autre par la queue courte. Il marche, le Merle le noir et les autres Turdidés sautillent.

Les Hauts Bois (orme mort) (Mer) (41), le 01/07/2010, Daniel Pareuil.

Voici un adulte en plumage nuptial. Voyez ces belles irisations du plumage.

Le bec est jaune (adulte nuptial), sa base est bleutée, c’est un mâle.

Vous l’aurez compris, je voulais vous parler de l’Etourneau sansonnet et j’ai fait le mystère avec l’Etourneau roselin pour y mettre un peu de sel … pas sur la queue !

Cet oiseau tant décrié chez-nous est apprécié ailleurs en Russie par exemple où les habitants des campagnes posent des nichoirs à son intention (son régime insectivore aux beaux jours en fait un allié).

Peut-être par cet article, le regarderez vous davantage, et n’oubliez pas, ce sera peut-être l’occasion de découvrir un Etourneau roselin voir un Etourneau unicolore Sturnus unicolor (Languedoc-roussillon), pourquoi pas dans le Lot.

A bientôt et avec plaisir.

Bibliographie : Les passereaux d’Europe Tome 2 de Paul Géroudet, édition mise à jour par Michel Cuisin.

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