Vous êtes ici: Accueil * Oiseaux du Lot Photos d’Oiseau Mystère > Photos réponse 25-2
Photos réponse 25-2
dimanche 11 avril 2010, par Daniel Pareuil
Vers le forum attaché Version imprimable de cet article Version imprimable Crear un PDF Enregistrer en PDF  Envoyer par email

L’approche de Jean-Jacques est excellente.

L’oiseau est de bonne taille. Le diamètre de la branche sur lequel il est posé et la longueur des plumes de vol de l’oiseau, nous permettent d’avancer cette hypothèse, ce qui n’est pas toujours facile sur les photos.

La partie du plumage supérieur visible (une grande partie) est de couleur : brun.

La forme de la queue n’est pas anodine.

Elle n’est pas symétrique et est échancrée.

Si elle n’est pas symétrique, c’est que des plumes sont tombées, cela s’appelle la mue.

Il nous faut donc rechercher, quel oiseau a une bonne taille, des parties supérieures brunes et a une queue échancrée.

Les Fringillidés (pinsons…), les Embérizidés (bruants…) ont une queue échancrée, mais ils sont de petite taille et aucun ne possède un plumage supérieur d’un brun uniforme. Il y a souvent plusieurs couleurs et au moins quelques stries sombres.

Les corvidés sont plus sombres et n’ont pas de queue échancrée.

Après avoir feuilleté notre guide, nous nous apercevons, qu’il y a peu d’oiseaux qui peuvent présenter ces trois critères à la fois et nous arrivons immanquablement à la page « Milans ».

Le Milan royal Milvus milvus est vite écarté du fait de l’absence de roux dans ce plumage.

Néanmoins, à une plus grande distance et suivant la lumière, le brun peut devenir brun roux !

L’oiseau mystère 25-1 est bien un Milan noir Milvus migrans.

Ilot de Mézels (Vayrac) (46), le 21/03/2010, Daniel Pareuil.

Quand, il tourne la tête, c’est plus simple. Nous voyons sa tête gris clair, qui peut le faire confondre avec le Busard des roseaux Circus aeruginosus , voir avec le Milan royal Milvus milvus quand l’excès de lumière transforme le brun en brun roux.

Nous pouvons noter une zone un peu plus claire sur l’aile repliée. Cette zone est bien visible en vol, lorsque nous voyons l’oiseau de dessus. Elle existe également chez le Milan royal Milvus milvus, il s’agit des couvertures plus claires du bras.

L’aigle botté Hieraaetus pennatus possède également des couvertures claires au bras ainsi qu’une nuque claire, la forme de l’extrémité de sa queue est différente.

Mais attention, lorsque les plumes de la queue manquent, la confusion est possible. Et si l’aigle botté à un plumage sombre (phase ou morphe sombre), ce n’est pas facile !

La forme de la queue est souvent déterminante, mais ne doit pas être le seul élément d’identification.

Lorsque la queue est fermée, l’échancrure est plus importante que lorsqu’elle est ouverte.

En vol, la queue du Milan noir étant largement ouverte, son extrémité peut paraître droite, voir légèrement convexe (comme chez la Buse variable Butéo butéo), l’échancrure a disparue. Ainsi la forme de la queue peut rappeler celle de l’Aigle botté. Il en est de même pour le Milan royal et la forme de la queue rappellera celle d’un Milan noir.

En vol pour distinguer les deux milans, il faut regarder la forme de la queue en tenant compte de son ouverture, s’assurer de la présence ou non de fenêtres alaires (l’oiseau étant vu en dessous) et se méfier de la lumière.

Ces fenêtres alaires, zone blanche ou claire à la base de la main sont très marquées chez le milan royal et beaucoup moins chez le Milan noir.

Attention aux juvéniles des deux espèces qui ont un plumage plus pâle et à la race lineatus (moyen-orient), pas présente normalement dans notre région.

Le Busard des roseaux se distinguera par l’absence de fenêtres alaires et des ailes moins digitées. Souvent ses ailes sont relevées et forment un « V ».

Pour l’Aigle botté on recherchera « les feux de position » (petite taches claires à l’avant de l’attache de l’aile) visibles de face.

Le vol de ces oiseaux est différent et aide à l’identification, mais nécessite un peu d’expérience.

J’espère ne pas vous avoir embrouillé, surtout si c’est le cas, faites le moi savoir, via les commentaires.

Le Milan noir est un migrateur, il arrive d’Afrique, dans notre région à la fin février, début mars et après quelques parades les couples rechargent de branches les gros nids qu’ils occupaient l’an passé. Leurs nids sont souvent repérables, par leur volume et les sacs plastiques ou ficelle bleue qu’ils y déposent en évidence.

Gramat, le 12/04/2005, Daniel Pareuil.

C’est un champion du vol à voile et de ce fait il consomme très peu d’énergie.

Il est très peu exigeant et son régime alimentaire est sobre et varié : charognes, poissons morts, détritus, rongeurs, batraciens, insectes, animaux blessés lors des travaux agricoles…il n’hésitera pas à parasiter d’autres rapaces, les colonies de Héron cendré Ardea cinerea et à piller les nids des colonies de Grand cormoran Phalacrocorax carbo

Il affectionne les cours d’eau et plan d’eau et nidifie souvent dans de grands arbres en lisière de petit bois sur des coteaux. Les nids peuvent être isolés ou regroupés en colonie. Ils se regroupent volontiers et dorment en dortoir.

Rudelle, le 17/03/2010, Daniel Pareuil.

Les deux taches noires dans le haut des arbres sont deux nids occupés.

C’est fin juillet, début août qu’il repart vers l’Afrique.

Ses regroupements dans les thermiques (courants chauds ascendants) sont alors spectaculaires tout comme l’ont été ses recherches de nourriture en orée de bois ou le long des cours d’eau où il manœuvre avec finesse et précision.

Pour la mue, ce n’est pas très clair pour moi.

Dans « Les rapaces d’Europe » de Paul Géroudet, il est mentionné :

Pour les adultes : mue complète de mai à fin de l’automne.

Pour le jeune : mue partielle en hiver et mue complète à partir d’avril.

La photo de l’oiseau mystère 25-1 à été prise le 21 mars 2010.

Courant mars, j’ai observé de nombreux individus qui avaient perdu une rémige secondaire* et qui étaient cantonnés autour de nids. Il s’agirait donc d’adultes.

Alors si vous pouvez éclairer ma lanterne, je serai ravi !

*Rémige secondaire : Plume de l’aile, servant au vol et attachée au bras.

A bientôt et avec plaisir.

A l’attention de Jean-Jacques Lacroix :

Ile Caypso (Carennac) (46) le 08/04/2010, Daniel Pareuil.

Bibliographie : « Les Rapaces d’Europe » de Paul Géroudet, édition mise à jour par Michel Cuisin.

Voir également les articles concernant les Milans :

Photo d’oiseau mystère n°3 de José Gas du 06/02/2009.

Un milan chasse l’autre de Philippe Tyssandier du 13/02/2009

Milan Royal Milvus milvus, comptage des hivernants de Daniel Pareuil du 10/12/2009.

Comptage des milans royaux lotois de Daniel Pareuil du 09/02/2010.

1 Message
  • > > Photos réponse 25-2 / 22 avril 2010 21:51 / par Daniel Pareuil
    Une petite erreur de langage : j’ai utilisé les termes "phase ou morphe" pour décrire la variabilité du plumage de l’Aigle botté. Il faut utiliser le terme "forme" plus adéquat (Voir la réponse de "la photo mystère" de "l’Oiseau magazine" n°98 Printemps 2010).

    Répondre à ce message

Rubriques
+ artícles de...